Mount Phabrang

Mont Phrabang : le sommet qui n’a jamais été (Partie 2)

Vous pensez effectuer un voyage de randonnée sous peu? Suivez les aventures de Chris Higgins, conseiller SAIL et passionné de plein air, et lisez sa série d’articles sur la randonnée dans l’Himachal Pradesh.

L’ascension a commencé de manière plutôt inoffensive. Un sentier doux et sablonneux bordé de pierres blanches et rondes serpentait à travers des bosquets de pins et des ruisseaux d’où coulait une eau limpide. Ça ressemblait plus à une promenade dans un parc urbain qu’à un trek dans les montagnes himalayennes.

La nuit précédente, à la lueur d’une lanterne à Urgos, nous avons tenu un caucus autour des cartes et décidé de faire notre approche par la vallée de Gangpo. Il y avait peu d’information de disponible à propos du mont Phrabang et seulement diverses photos. Nous avons choisi Phrabang en raison de son élévation à 6372 mètres et de sa proximité à la vallée du Miyar. Prendre la route de Gangpo semblait aussi être une plus grande aventure parce qu’elle n’a pas été empruntée par des alpinistes depuis des décennies. Ça nous sauvait également plusieurs jours en comparaison à l’approche par le sud.

Notre « promenade » s’est toutefois rapidement transformée en pente poussiéreuse, abrupte et sinueuse. Une fois sortis des arbres, nous avons réalisé que Gangpo était un autre terme pour genoux endoloris. Dans les zones basses, c’était la moraine à perte de vue; il n’y avait rien d’autres que des pierres, des rochers et la rivière. Il ne manquera pas de roches dans ces montagnes! Les maisons, les aqueducs, les clôtures, les granges et les huttes sont tous faits en pierre pour une bonne raison … il y en a tellement autour.

Deux « hommes grincheux » étaient devant moi, presqu’invisibles à travers la poussière soulevée par les chevaux. Tout en avant, comme d’habitude, se trouvait Martin Jones, un vétérinaire du Royaume-Uni, notre médecin et le « soldat » de l’équipe. Toujours en avant, toujours avec le sac le plus lourd. Imaginez Charles Bronson avec un accent britannique et les lèvres gercées.

Pas très loin derrière lui, mon bon ami Oscar Jacob qui m’a offert cette aventure et une entrée gratuite en Inde. Après des affectations aux ambassades canadiennes de  Londres, Téhéran, Beyrouth et maintenant New Delhi, Oscar espérait ensuite retourner à Ottawa. Pour l’instant, il était le chef d’équipe désigné et notre bouddhiste blanc symbolique.

Vallée de Gangpo

Arrivés au premier camp, nous avons jeté nos sacs et littéralement frappé le sol pour nettoyer les roches afin d’y placer les tabliers de nos tentes. Martin, qui s’adonnait à être le fils d’un mineur gallois, a militairement creusé la carrière, tel un sergent des forces spéciales. À 3300 mètres, notre camp se situait à la base de la vallée, enclavé dans les montagnes. Des sentiers de chèvres se formaient sur les pentes des hautes terres. Pas très loin, vous pouviez entendre les rapides de la rivière Gangpo, avec ses eaux troubles et son limon glacé. Au-dessus de nous, la vallée rétrécissait en une berge étroite le long de la rivière, puis se perdait dans un tournant.

Après quelques jours d’acclimatation, nous avons poursuivi notre ascension dans la vallée. La moraine peut être hasardeuse. En sautant d’une roche à l’autre, il y a toujours le risque d’une cheville fracturée ou d’une côte meurtrie. Au cours de l’ascension, l’air se faisait de plus en plus rare et de temps en temps, je devais arrêter pour reprendre mon souffle. En même temps, ça me permettait de profiter de vues spectaculaires qu’offraient ces coins reculés. Les porteurs transportaient l’équipement le plus lourd et semblaient même trouver la tâche facile. Des hommes jeunes et moins jeunes aux visages ricaneurs souriaient en faisant des signes amicaux et des salutations « Namaste » chaleureuses.

Paysage Vallée de Gangpo

Le camp de base était situé sur un plateau rocailleux surplombant la rivière à 4000 mètres. Une crête escarpée glaciale bloquait notre vue vers la vallée lointaine. Il ne s’agissait pas d’un glacier pittoresque blanc ivoire. C’était plutôt un mur de glace grise sali par la boue et, bien sûr, rempli de roches. Le matin, nous prenions notre temps en regardant les premières lueurs du soleil illuminer les sommets dentelés et la vallée du Miyar en contre-bas. Les nuits étaient froides, mais lorsque le soleil réchauffait le camp, nous avions seulement besoin de couches de base ou d’un molleton. Des balayages réguliers du ciel avec les jumelles n’ont montré aucun signe d’aigles royaux ou de vautours fauves qui volent généralement dans ces cieux.

 Il n’y avait pas non plus de signe du mont Phrabang. Il était situé plus haut, avec les glaciers et les sommets enneigés. Deux jours plus tard, nous nous sommes dirigés vers la vallée pour une reconnaissance des lieux et pour porter de l’équipement pour un camp avancé. Aucun porteur ne nous accompagnait cette fois-ci, seulement nos dos.

Vue de la Vallée de Gangpo

Nous avons suivi la crête jusqu’à un plateau qui donnait sur un paysage désertique, parsemé de rochers de granite. Lorsque la vallée pris un virage serré à droite, vers le sud, le mont Phrabang nous est finalement apparu. Avec un glacier à sa base, le sommet rocailleux de Phrabang s’élevait au-dessus des autres montagnes et dominait l’horizon.

 Lorsque la montagne est apparue, le visage stupéfait, mais quelque peu déçu de Oscar résumait comment je me sentais. Nous avons tous deux vu la crête rocailleuse dentelée, longue et étroite, tel un aileron de requin menant au sommet de Phrabang. Suite à une discussion de groupe, nous nous sommes entendus que la montagne était au-delà de nos habilités. Ce n’était pas tant les crevasses ou de camper sur le col ouest. Le problème était l’aileron de requin.

Nous avons donc tous choisi de quitter et d’escalader une autre journée. Nous avions tous acquiescé plus tôt à Delhi que « personne n’allait mourir sur la montage ». La ligne entre aventure et danger extrême peut parfois être mince. Il fallait mettre nos égos de côté et admettre nos limites.

Bien sûr, nous étions déçus. Par contre, lorsqu’on mettait les choses en perspective, rien n’était réellement perdu. Nous avions repéré plusieurs endroits pour escalader dans la vallée de Gangpo. Oscar avait également accroché une ligne de drapeaux de prières tibétaines, haut dans les airs entre les rochers, afin de laisser le vent libérer des prières pour la bonté et la paix dans le monde. En plus, ça voulait dire plus de temps pour escalader et explorer la vallée du Miyar.

Parlons équipement


JUMELLES-10-257Jumelles

Elles ne sont pas seulement pour les ornithologues. Une paire de jumelles légères rendent les environs beaucoup plus intéressants en vous permettant de regarder les détails de plus près et d’observer les créatures. Lors de ce voyage, les jumelles étaient essentielles pour la reconnaissance. De nos jours, elles sont extrêmement légères : il y a des modèles puissants qui ne vous sembleront pas être une brique attachée à votre cou.

 


salomon3707317Bottes de randonnée

 Si vous vous déplacez à l’aide de vos pieds, il n’y a aucune raison d’économiser sur les chaussures. Surtout dans les montagnes, investir dans une bonne paire de bottes de randonnée peut faire toute la différence. Essayez quelques marques afin de trouver celle qui vous convient le mieux et utilisez de bons bas de randonnée. Si vous cherchez des chaussures, vous pouvez lire mon blogue précédant sur les bottes de randonnée.

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Lunettes de soleil

Lorsque vous êtes dans les montagnes, les lunettes de soleil coupent les reflets et protègent vos yeux. Ils peuvent aussi vous donner un look génial, ce qui n’est pas nécessairement mauvais. Si vous souhaitez payer moins cher, pensez à vous apporter une paire de remplacement. Un cordon a sauvé mes lunettes plusieurs fois en les gardant dans mon cou lorsque je ne les utilisais pas.