Femme qui attrape un poisson dans l'eau

Pêche responsable : astuces pour faire votre part

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La pêche sportive est une activité passionnante à découvrir, mais il est important de la pratiquer de manière responsable pour permettre aux générations futures de profiter de la ressource pendant de nombreuses années tout en profitant du paysage naturel tant apprécié. Et c’est possible si vous suivez ces quelques astuces de pêche responsable.

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Cet article a été produit en collaboration avec Guillaume Morin, de Hooké 

Dans cet article, vous en apprendrez plus sur :

Équipement de pêche

 

 

Un portrait de la pêche sportive

Annuellement, plus de 650 000 pêcheurs et pêcheuses parcourent les plans d’eau du Québec à la recherche de leurs poissons favoris. De toutes les espèces pêchées dans nos lacs et rivières, l’omble de fontaine (truite mouchetée), le doré, le brochet, la perchaude et l’achigan sont les plus populaires et génèrent plus de 85 % des retombées économiques liées à la pêche. Afin de permettre au plus grand nombre d’adeptes de profiter de cette activité dont la popularité est grandissante, il est primordial de le faire de manière raisonnée afin d’assurer la pérennité des poissons et de leur habitat ainsi que le maintien d’un environnement sain.

 

 

Le respect des quotas pour une pêche responsable

Au mois de mars de chaque nouvelle année, le gouvernement du Québec met en ligne les limites de prise et de possession sur son site Web. Ces limites, aussi appelées quotas, permettent d’assurer le renouvellement de la ressource.

Elles se divisent en deux catégories : les limites de prise et les limites de possession. Les limites de prise constituent le nombre maximal d’une espèce donnée qui peut être pêchée chaque jour par un(e) pêcheur(se) sportif(ve) détenteur(rice) d’un permis de pêche du Québec. Les limites de possession constituent, quant à elles, le nombre maximal de poissons qui peut être conservé par un individu, en tout temps et en tout lieu.

Par exemple, une personne qui pêche le doré jaune en zone 8 pour deux journées consécutives pourra capturer six (6) poissons par jour, mais devra aussi respecter une limite de possession de six (6). Si la personne capture 5 dorés le premier jour et qu’elle en mange deux (2), il lui en reste donc trois (3) en sa possession. Cela signifie qu’à son deuxième jour de pêche, elle devra se limiter à trois (3) prises. Si elle choisit d’en consommer deux (2) autres en cours de journée, elle pourra donc en capturer deux de plus pour respecter sa limite de possession.

En plus des limites de prise et de possession, certaines espèces sont soumises à des limites de taille ou de poids afin de favoriser la reproduction des géniteurs matures et la survie des juvéniles. En tout temps, il est de la responsabilité du(de la) pêcheur(se) de s’informer des règles en vigueur selon l’espèce visée et le plan d’eau visité.

Règle générale : respectez les quotas en tout temps afin de préserver la pérennité des espèces.

 

 

Une remise à l’eau efficace

Femme qui remet un poisson à l'eau après l'avoir attrapé

La pêche responsable passe aussi par la remise à l’eau, une technique ayant prouvé son efficacité dans une multitude de situations. Pensons au programme de gestion du saumon atlantique qui impose la remise à l’eau des poissons de plus de 63 cm (24,8 po) sur plusieurs rivières. Ces limites ont permis aux géniteurs d’assurer la reproduction de l’espèce, ce qui a eu un effet bénéfique sur la qualité de la pêche au cours des dernières années.

Pour vous assurer que la remise à l’eau soit effectuée de manière à favoriser la survie du poisson, il importe de le faire correctement en prenant quelques précautions simples.

D’abord, l’utilisation de leurres artificiels est à prioriser. En effet, il est démontré que les poissons ont tendance à avaler moins profondément les leurres artificiels que les appâts naturels comme les vers de terre, ce qui limite le risque de blessures fatales. Si vous pêchez l’omble de fontaine, alias la truite mouchetée, avec des vers ou qu’elle saigne, vous ne pourrez pas le remettre à l’eau. Voyez plus d’informations sur le sujet en lisant cet article.

Ensuite, l’utilisation d’hameçons simples sans ardillon permet de décrocher le poisson plus rapidement. En limitant le temps de manipulation du poisson, vous maximisez les chances de survie du poisson. Les hameçons circulaires sont aussi réputés pour piquer les poissons dans le coin des lèvres plutôt que dans la gorge, privilégiez-les lorsque possible.

Il faut aussi manipuler le poisson en le laissant dans l’eau en tout temps. Si jamais vous choisissez de le sortir de l’eau pour une photo ou pour faciliter le décrochage, assurez-vous de le faire rapidement et avec vos mains nues préalablement mouillées. Les gants ou les mains sèches tendent à retirer la couche de mucus protecteur qui crée une barrière contre les infections. Souvenez-vous que tous les poissons ont besoin d’eau pour respirer, certaines espèces comme l’omble de fontaine peuvent même commencer à montrer des signes d’asphyxie après seulement quelques secondes hors de l’eau.

De plus, l’utilisation d’épuisettes à mailles caoutchoutées sans nœuds favorise la remise à l’eau en diminuant le risque de blessures que pourrait s’infliger le poisson en se débattant.

Enfin, que vous pratiquiez la remise à l’eau par obligation pour respecter la réglementation en vigueur ou de manière volontaire pour diminuer la pression sur une espèce donnée, il est important de garder en tête que certaines conditions sont moins favorables à la remise à l’eau que d’autres. En période de canicule, lorsque l’eau devient chaude, il est préférable de vous abstenir de pêcher des espèces fragiles ou dont la remise à l’eau est obligatoire. En effet, plus l’eau se réchauffe, plus sa concentration en oxygène diminue, ce qui rend difficile la récupération du poisson. Au contraire, lorsque l’eau est froide, sa concentration en oxygène augmente et la remise à l’eau peut être pratiquée en toute sécurité pour le poisson. Plusieurs études estiment que les taux de mortalité liés à la remise à l’eau frôlent les 5 %. En adoptant de bonnes habitudes pour favoriser la survie du poisson, ce taux peut être grandement diminué. Il importe donc d’adapter vos pratiques en fonction de la température, de la réglementation en vigueur et de l’espèce visée.

 

 

La réduction de vos empreintes

Quatre personnes autour d'un feu qui discutent

Depuis plusieurs années, plusieurs adeptes de la pêche sportive se plaignent de la diminution du nombre d’accès publics aux plans d’eau. Bien que cette problématique soit complexe, il est primordial de respecter la propriété privée et l’intégrité des territoires publics lorsque vous pêchez.

Quiconque ayant fréquenté les berges de plans d’eau populaires peut témoigner de la quantité impressionnante de déchets qui s’y trouvent, surtout en milieu urbain. Ainsi, pour diminuer les impacts négatifs sur l’environnement et pratiquer la pêche responsable, il est important de prendre l’habitude de ne laisser aucune trace de votre passage. Lisez cet article pour découvrir d’autres astuces pour réduire vos empreintes si vous campez lors de vos voyages de pêche.

Lorsque vous sortez pêcher, apportez un sac pour y déposer vos déchets. Les canettes et bouteilles, les emballages de nourriture, les emballages de leurres et les morceaux de fil pêche constituent une grande partie des déchets retrouvés sur les berges du Québec. En rapportant avec vous tout ce que vous apportez sur l’eau, vous diminuez de manière considérable votre empreinte environnementale.

Aussi, plusieurs pêcheurs(ses) prennent plaisir à faire un feu de camp au bord de l’eau. Afin de ne pas endommager l’environnement, il faut allumer votre feu dans un endroit dégagé où les flammes ne pourront pas se propager. Il faut aussi éviter de couper les branches d’arbres vivants. En plus d’abriter de nombreuses espèces d’insectes et d’animaux, ces branches brûlent moins bien que le bois mort. Prioriser le bois de plage ou le bois mort ramassé au sol aide à préserver les écosystèmes. Enfin, pour limiter l’impact des feux de camp sur le paysage, il est préférable d’utiliser des branches d’un diamètre inférieur à celui du poignet et de les laisser brûler au complet, jusqu’à ce qu’elles se transforment en cendres. Une fois le feu terminé, la meilleure manière de l’éteindre est d’utiliser de l’eau. En effet, le sable ou la terre ne font que recouvrir les cendres et le vent pourrait les dégager et propager le feu à la forêt.
 

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